Est-ce que les panneaux de bois aggloméré (type Novopan) sont considérés comme matériaux susceptibles de contenir de l’amiante (MSCA)? Autrement dit, est-il nécessaire de réaliser un prélèvement sur ces panneaux lors d’un diagnostic avant-travaux?
Non, le bois de manière générale et les bois agglomérés ne sont pas considérés comme des MSCA.
Concernant le désamiantage et la déconstruction de ce qui reste de l’usine d’amiante de Bordj Bou Arréridj, les avis divergent entre les partisans d’un confinement total (riverains, associations anti-amiante et environnementales, anciens employés de l’usine) et ceux qui jugent l’opération superflue et/ou impossible techniquement. Parmi ces derniers, figurent hélas de nombreux anciens ouvriers de l’usine. Désormais, comme le rappellent assez bien les riverains, la nécessité d’un confinement total est plus que souhaitable pour stopper à tout prix la dispersion des fibres d’amiante.
Un appel d’offres national et international a été lancé dans le but de trouver un bureau d’étude et une entreprise qui devra proposer une solution à ce véritable poison qui affecte l’air de la ville de Bordj Bou Arréridj.
Selon nos informations, pas moins de 11 bureaux de France, Belgique, Espagne, Turquie, Italie et des locaux spécialisés dans le désamiantage, sont venus soumissionner. Une enveloppe de plus de 150 milliards de centimes a été allouée à cette opération.
Pour rappel, l’usine d’amiante de Bordj Bou Arréridj a été mise en service en 1976 et fermée en 2007.
Durant cette période d’activité, cette usine qui s’étend sur une superficie de 20 ha, dont 1,26 bâtis, et avait produit 50 000 tonnes/an, dont 15% d’amiante comme matière première, avait génère plus de 31 ans de déchets qui ceinturent principalement la périphérie de la ville sur lesquels des constructions privées reposent en ce moment. Un mal endormi qui risque de se réveiller à n’importe quel moment si l’on sait que la boue d’amiante issue des bassins de décantation est estimée en terme de teneur à 1 000 tonnes/an. Ces déchets ont été, pendant un certain temps, évacués vers la décharge publique et, parfois, dans la nature.
Actuellement, une quantité importante, plus de 40 000 tonnes (déchets comportant entre 8 et 15% d’amiante), est stockée au sein de l’unité, constituant ainsi un danger réel pour les habitants de la ville de Bordj Bou Arreridj et ceux des agglomérations régions limitrophes, la Gare, les 12 Hectares, Essaâda, 560 Logements, etc. Même la banlieue est touchée car la fibre maudite peut voltiger sur un rayon de 30 à 40 km.
Des déchets empoisonnants lâchés dans la nature
Pour les spécialistes et quelques anciens ouvriers de l’usine, le problème ne réside pas seulement dans les 40 000 tonnes à l’intérieur de l’usine et qui vont être confinés sur place mais ces milliers de tonnes enfouis et jetés dans l’air en dehors de l’unité. «La dépollution zéro en matière d’amiante n’existe pas», disent les techniciens. D’autres ont émis des critiques. Selon eux, «si on laisse dans le terrain de l’amiante enterré, ce sera un danger pour les générations futures. Les associations de riverains et victimes de l’amiante expriment leur désaccord, réclamant une dépollution en profondeur, autrement dit à plusieurs mètres sous terre. Le deuxième problème engendré par cette usine est celui de la santé publique».
La ville de Bordj Bou Arréridj est classée parmi les villes les plus touchées par le cancer sous toutes ses formes. Sur les 350 ouvriers qui travaillaient dans cette usine, une quinzaine sont morts d’un cancer, et une autre partie des employés lutte contre cette maladie, nous dit-on.
Tous les employés sont unanimes et montrent que l’exposition à l’amiante y a été courante et sans aucune protection. «Sur la question de l’amiante, tout le monde a fermé les yeux, l’État en premier, qui a mal légiféré. L’ERCE n’était alors qu’une entreprise locale, elle a suivi la réglementation. En plus de ne pas posséder le matériel de protection nécessaire (respirateurs spéciaux, lunettes de sécurité, gants et vêtements protecteurs), les travailleurs de cette unité n’auraient pas droit aux normes minimales prescrites par les scientifiques: amiante enrobée dans des emballages étanches, procédés humides, ventilation adéquate avec filtration et nettoyage régulier», nous dira le représentant des retraités, M. Saïdani.
L’autre affaire que soulèvent les anciens de l’usine est celui du matériel et les machines vendus sans être désamiantés. «Il faut récupérer ce matériel pour le désamianter», demandent-ils. Mais ce qui est le plus choquant pour eux est le fait de fermer leur usine qui produisait de la tuile en amiante et d’autoriser l’importation du produit d’ailleurs. «Comment ferme-t-on nos usines de ciment-amiante d’un côté pour leur dangerosité, pour importer des produits finis d’amiante ?» se demandent-ils. «A quoi va servir cette opération de désamiantage et d’enfouissement de l’usine si en parallèle on importe des produits qui contiennent ce poison», ajoutent-ils.
Pour rappel, la fabrication, l’importation et la commercialisation de tout type de fibre d’amiante et des produits qui en dérivent ou en contiennent sont interdites, indique un décret exécutif publié dans le journal officiel n° 59 du 14 octobre 2009. Ce texte réglementaire, daté du 8 octobre 2009, modifie l’article 3 du décret exécutif d’avril 1999 relatif à la prévention des risques liés à l’amiante.
Source: http://www.elwatan.com/regions/est/actu-est/vers-le-confinement-de-l-usine-22-04-2012-167668_221.phpEl Watan
L’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) lance une campagne nationale pour sensibiliser les entreprises à la prévention du risque lié à l’amiante et à l’obligation de former les salariés face à cette fibre cancérigène.
Selon l’OPPBTP, qui a lancé cette campagne en partenariat notamment avec la Direction générale du travail (DGT) et la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), l’amiante constitue « un enjeu fort de prévention pour le secteur du BTP en raison de sa présence dans près de la moitié des ouvrages existants en France ». L’organisme de prévention estime que près de 900 000 employés du secteur peuvent être confrontés sur des chantiers à ce matériau, deuxième cause de maladies professionnelles et première cause de décès liés au travail, hors accidents.
La campagne, qui se traduira notamment par la publication d’encarts dans la presse en avril-mai puis septembre-octobre, avec la mention “amiante! DANGER” et “pas formé, pas toucher!”, vise « à faire prendre conscience aux chefs d’entreprise et salariés du BTP du risque amiante et à les alerter sur l’absolue nécessité et l’obligation réglementaire d’être formé ». Outre ces publications, l’OPPBTP a prévu d’adresser une lettre d’information à toutes les entreprises du BTP et a créé un site dédié (www.amiantereponsedexpert.fr), ainsi qu’une émission d’information qui sera disponible sur internet et via un DVD.
L’enjeu, explique l’OPPBTP dans un communiqué, est « de retenir l’attention de milliers de salariés et de chefs d’entreprises, pour l’essentiel des petites et très petites entreprises, sur un thème qui n’est pas naturellement porteur ». En France, l’amiante est jugée responsable de 10% à 20% des cancers du poumon et devrait être responsable de 100.000 morts d’ici à 2025, selon les autorités sanitaires. Son caractère cancérigène est connu depuis les années 1950 mais le premier décret réglementant son usage ne date que de 1977 et son interdiction de 1997.
Je vais faire des transformations dans mon appartement. L’immeuble a été construit en 1984. Le carrelage d’une pièce sera changé par du parquet. Pourrions-nous faire une analyse? La présence d’amiante dans la colle de carrelage concerne les sols uniquement ou les murs également?
Les colles de carrelages (carreaux posés au sol), les colles de faïences (carreaux posés contre les murs) et les colles de plinthes (premiers carreaux posés en bas des murs) sont susceptibles de contenir de l’amiante. Il est donc nécessaire de réaliser une analyse en laboratoire avant l’enlèvement de tels matériaux.
Dans votre cas (pose d’un parquet), il semble moins problématique de laisser le carrelage en place et de poser le parquet par-dessus, sans avoir à déposer le carrelage. Si vous souhaitez malgré tout casser les carrelages, une analyse s’impose (prélèvement d’un morceau de colle et envoi à un laboratoire amiante).
Devant faire effectuer des travaux alors qu’Eternit figure dans le devis, comment m’assurer que l’entrepreneur n’utilisera pas d’amiante?
En Suisse, la vente de produits contenant de l’amiante est interdite depuis 1991. En France, cette interdiction date de 1996. Au niveau européen, tous les pays l’interdisent depuis 2005. A priori, tout produit neuf vendu en Europe est exempt d’amiante.
Si des catelles de notre balcon se décollent et qu’il y un risque que la colle contienne de l’amiante (il y en avait dans la colle des catelles de nos salles de bain et cuisine), est-ce dangereux pour notre santé?
Le fait que ceci se trouve à l’extérieur diminue le risque (les fibres se comportent comme un aérosol et se diluent dans l’air ambiant). Pour autant, il serait nécessaire de demander à votre loueur de réaliser un prélèvement et de réparer ou désamianter si nécessaire.
J’ai fais l’acquisition d’une ancienne maison (construite en 1920) avec une grange où un garage a été aménagé en disposant des plaques de plâtre au plafond et un enduit et crépi d’origine inconnue sur le mur d’origine. Les plaques sont en bon état, mais le crépi et l’enduit se décollent par endroit et tombent sur le sol. ma question est de savoir si l’amiante était systématiquement utilisée en combinaison avec d’autres matériaux pour réaliser ce type de protection antifeu?
Il n’y a aucune systématique. C’est pourquoi l’on qualifie ce type de matériaux de MSCA (matériaux susceptibles de contenir de l’amiante): l’expérience montre que certains crépis, enduits ou plâtres contiennent de l’amiante et qu’il est donc nécessaire de faire réaliser des analyses sur ces matériaux pour déterminer s’ils contiennent ou non de l’amiante.
«Je suis accablé (…) Au cours de ma vie, j’ai connu bien des épreuves et celle-ci est la plus insupportable moralement car elle met en cause mon intégrité, mon honneur et ma probité.» Selon nos informations, Jean-Luc Pasquier, membre du Comité permanent amiante (CPA) a été mis en examen par la juge Bertella-Geffroy le 8 mars dernier.
Par ses fonctions au sein de la Direction des relations du travail et son appartenance au Comité permanent amiante, il lui est reproché de ne pas «avoir pris les mesures permettant d’éviter les dommages» liés à l’utilisation de l’amiante, «s’agissant en l’espèce de la préservation de la santé et de la vie même des salariés ou étudiants de Jussieu», selon le procès verbal d’interrogatoire de première comparution que 20 Minutes a pu consulter.
Des relations avec Martine AubryDissous en 1996, le Comité permanent amiante rassemblait des industriels de l’amiante, soupçonnés d’avoir influencé la politique de la France quant à l’utilisation de l’amiante dont il prônait un usage «contrôlé». En clair, une activité de lobbying pour permettre aux industriels de continuer à travailler la «poudre blanche magique» alors même qu’ils connaissaient les risques de son utilisation pour les salariés.
En janvier dernier, Marie-Odile Bertella-Geffroy avait déjà mis en examen quatre autres membres du CPA, estimant qu’ils ne pouvaient «ignorer» les dangers de l’amiante. Agent de la direction des relations du travail dans les années 1980, Jean-Luc Pasquier a notamment travaillé avec Martine Aubry à cette période-là. Mais, devant la mission parlementaire «Amiante» au Sénat en 2005, il a expliqué que «ses supérieurs ne savaient peut-être même pas que leur direction était représentée aux travaux du CPA». C’est-à-dire que les responsables du ministère du Travail ignoraient jusqu’à l’existence de ce lobby pro-amiante. «On rappellera toutefois que l’action du CPA prenait parfois la forme d’envois de courriers adressés à des ministres eux-mêmes, notaient à l’époque les membres de la mission dans leur rapport. Comment, dès lors, auraient-ils ne pas être au courant?»
100.000 morts d’ici à 2025«Avec les mises en examen des membres du CPA, on se rapproche du cœur du réacteur, assure aujourd’hui une source judiciaire. Après eux, la juge Bertella ne pourra pas faire autrement que de s’intéresser aux politiques qui étaient aux manettes à cette époque-là.» Déjà entendue par les gendarmes en janvier 2010 dans le cadre de cette enquête, Martine Aubry avait assuré, à cette époque, qu’elle apporterait «tout son concours» à l’enquête.
Selon les travaux de l’Inserm, les fibres d’amiante – dont on connaissait la dangerosité dès la fin des années 1960 – pourraient être responsables de 100.000 morts d’ici 2025.
Nous avons une maison des années 60. Nous aimerions retirer des plinthes en vynil noir collées avec de la colle jaune ainsi que de la moquette collée sur des plaques carrées en novilon. Peut-on faire ces travaux sans autre ou y at’il des précautions particulières à prendre (nous n’allons pas retirer le novilon).
De manière générale, les colles de plinthes plastiques ne contiennent pas d’amiante. La réalisation d’un prélèvement et l’envoi à un laboratoire (env. 60.-/pce) serait toutefois pertinente.
Les colles de moquettes ne sont pas des MSCA (matériaux susceptibles de contenir de l’amiante).
Par contre, pour les plaques carrées, elles peuvent contenir de l’amiante, tout comme leur colle. Il risque d’être difficile de décoller la moquette sans décoller les plaques plastiques, donc risque amiante. Là encore, le mieux serait de réaliser un prélèvement (dalle plastique et sa colle) pour envoi au laboratoire.
La commune ordonne l’arrêt d’un chantier contenant de la fibre nocive et pour lequel aucune autorisation n’a été délivrée
«Mon mari, ancien monteur sanitaire, en est mort. Alors l’amiante, je connais malheureusement très bien.» Veuve depuis deux ans, Lilia Golaz ne pensait pas être de nouveau confrontée à la fibre mortelle si rapidement. Mais jeudi matin, alors que trois ouvriers s’attellent à la démolition d’une façade en Eternit juste sous ses fenêtres, son sang ne fait qu’un tour.
«Ils sont arrivés vers 8 h et se sont mis à démolir la façade. J’ai tout de suite vu que les plaques qu’ils arrachaient contenaient de l’amiante», raconte Lilia Golaz, qui se précipite ensuite pour avertir les ouvriers du danger qu’ils courent. «Je leur ai demandé de se protéger, mais ils n’ont pas pris mes conseils au sérieux, argumentant qu’ils étaient dehors et ne risquaient donc rien. Mais il y avait du vent et l’on voyait très bien la poussière s’envoler. C’était les portes ouvertes de l’amiante à Lavigny.»
Ne se satisfaisant pas des réponses des ouvriers, Lilia Golaz prend alors elle-même l’initiative de les protéger, en leur apportant des masques en papier. Avant d’alerter la Municipalité ainsi que l’association CAOVA, qui défend les victimes de l’amiante.
Au pied-de-biche
Membre de l’association, ancien spécialiste amiante à l’EPFL avec plus d’un millier d’expertises à son actif, François Iselin arrive sur le chantier vers 10 h. Et là, l’expert tombe des nues. «J’ai tout de suite constaté la présence d’amiante dans ces plaques que les ouvriers défonçaient à coup de pied-de-biche.» Une hérésie.
«C’est pile ce qu’il ne faut pas faire! En cassant les plaques, on sépare alors les millions de fibres d’amiante qui s’échappent dans l’atmosphère, avec les conséquences que l’on sait. Une solution consiste à arroser les plaques pour alourdir les fibres et les empêcher de s’envoler. J’ai expliqué la situation aux ouvriers, en leur précisant bien de laver leurs habits. Quant aux masques de protection en papier, ils ne sont malheureusement pas efficaces», poursuit François Iselin, qui ne se dit pas surpris par la situation, tout en déplorant le manque de formation des ouvriers.
Le tout, circonstance aggravante, moins de deux mois après le «procès de l’amiante» qui a vu le Tribunal de Turin condamner deux responsables de la société Eternit à 16 ans de prison. «Les morts dues à l’amiante sont revues à la hausse. La solution ne peut que passer par la prévention et l’information du grand public.»
En toute illégalité
Autre point, l’expert s’étonne que la commune n’ait fait aucune expertise du mur à démolir, comme le stipulent pourtant les procédures cantonales. Interrogé à ce sujet, le syndic, Bernard Rochat, confirme qu’une démolition de façade nécessite, à tout le moins, une demande aux autorités. «Mais la commune n’était pas au courant de ce chantier et n’a jamais reçu la moindre demande de démolition.»
En clair, il s’agit d’un chantier sauvage. «La gérance nous a dit ne pas être au courant des procédures, ça nous a fait bondir!» Dans la foulée, la commune, qui a mandaté un bureau technique chargé de rédiger un rapport sur le chantier incriminé, ordonnait son interruption. Malgré de nombreuses tentatives, le propriétaire et la gérance, tous deux établis dans la région de Montreux, n’ont pu être joints hier.
Source: 24Heures
Quatre anciens dirigeants du Comité permanent amiante (CPA), considéré par les victimes comme la “structure de lobbying des industriels” mise en place dans les années 80, ont été mis en examen par la juge chargée d’enquêter sur les dégâts causés par l’amiante, a annoncé lundi l’association Andeva.
Dominique Moyen, ancien secrétaire général de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) qui imagina et créa le CPA et Jean-Pierre Hulot, secrétaire du CPA et dirigeant de la société de communication CES ont été mis en examen pour “homicides, blessures involontaires et abstentions délictueuses”, a précisé l’association nationale de défense des victimes de l’amiante dans un communiqué.
Arnaud Peirani, ancien chargé de mission au ministère de l’Industrie, et Daniel Bouige, ancien directeur général de l’association française de l’amiante (Afa, industriels), ont également été mis en examen, selon l’Andeva.
Il leur est reproché d’avoir “participé activement au CPA et d’avoir ainsi contribué à créer des dommages qu’ont subis les victimes de l’amiante en minimisant les dangers de ce matériau, en contribuant à la désinformation du public et en participant au blocage d’une directive européenne d’interdiction de l’amiante en 1991 et 1994″, souligne l’association.
Le CPA, qui a fonctionné de 1982 à 1995, était une structure informelle réunissant industriels, fonctionnaires, scientifiques et syndicats.
Ces mises en examen sont “évidemment une bonne nouvelle”, a commenté auprès de l’AFP François Desriaux, vice-président de l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva).
“Avec le CPA on est au coeur de la responsabilité de la catastrophe de l’amiante”, a-t-il ajouté, décrivant ce comité comme “une structure de lobbying (…) qui était vraiment là pour retarder la mise en oeuvre de mesures de prévention plus sévères, avec une vraie stratégie de communication, de désinformation”.
Relevant que “jusqu’à présent les personnes qui étaient mises en examen étaient plutôt des responsables d’entreprises”, il a souligné que l’association avait pointé le rôle du CPA dès 1996.
La juge Marie-Odile Bertella-Geffroy mène plusieurs enquêtes sur les ravages causés par l’amiante.
Outre les industriels, des dizaines de responsables des ministères de la Santé et du Travail ont été auditionnés pour évaluer les connaissances dont ils disposaient dans les années 70-80 par rapport aux alertes lancées sur la dangerosité de cette fibre.
Son caractère cancérogène est connu depuis les années 50 mais le premier décret réglementant son usage ne date que de 1977 et son interdiction de 1997. En 2005, un rapport sénatorial avait accablé l’Etat pour sa “gestion défaillante” de l’amiante.
En France, l’amiante est jugée responsable de 10% à 20% des cancers du poumon et pourrait être à l’origine de 100.000 décès d’ici 2025, selon l’Agence santé-environnement (Afsset).
Source: Le Point